Des statistiques : pour quoi faire ?

Faire face à la croissance démographique locale

Les statistiques démographiques sont des outils de première importance dans la gestion politique.

Les données disponibles (i) les plus récentes confirment un taux de croissance de population de 17,2 % au niveau du royaume entre 2010 et 2060 !
À l’échelle de la région bruxelloise, ce taux est de 23,8 %.

Ventilé par tranche d’âge, ce taux est de 9,4 % pour les moins de 15 ans dans le Royaume, pour 20,2 % à Bruxelles, soit plus du double.

Pour la tranche des 65-79 ans, la statistique indique, dans la même période, un taux de croissance de plus de 51 % pour le royaume et de 56,9 % à Bruxelles.

Une autre statistique intéressante est celle qui reflète la composition des ménages : en 2008, 1 ménage sur 2 (49,3 %) en région bruxelloise est composé d’une seule personne ; à Berchem-Sainte-Agathe, 38,3 ménages sont des ménages… d’une personne ; rapporté au nombre d’habitants, cela signifie que pratiquement 1 personne sur 5 vit seule à Berchem-Sainte-Agathe et 10 % des ménages sont des ménages monoparentauxii.

Pour Berchem-Sainte-Agathe, les données disponibles confirment donc les tendances constatées pour la région bruxelloise ; elles délimitent 3 enjeux capitaux pour notre Commune :

1. la nécessité et l’urgence de créer des infrastructures destinées à l’accueil de la petite enfance ainsi que la nécessité de renforcer les structures d’accueil scolaire.

2. le besoin de prendre en compte les problématiques relatives aux personnes âgées, en terme d’accueil et de services.

3.des actions qui visent à assurer davantage de liens sociaux et de solidarités destinés à rencontrer l’isolement des personnes âgées et les difficultés des ménages monoparentaux.

Au sein de la LBR, ces enjeux font intrinsèquement partie du programme de législature.

Gérer c’est prévoir

Outre les nouvelles places de crèches ouvertes ces 4 dernières années, un nouveau projet est en cours de développement en collaboration avec la VGC (30 nouvelles places) ; des contacts récents ont été établis entre le président du CPAS, l’échevin de la Petite Enfance et de la Famille et la direction du Centre Hospitalier Valida pour analyser la faisabilité d’ouverture une crèche supplémentaire sur le site de l’hôpital.

La Communauté Française vient de confirmer la création d’une nouvelle école fondamentale à Berchem-Sainte-Agathe pouvant accueillir jusqu’à 388 élèves. Il s’agit là d’une décision préparée au sein de la Commune qui avait exprimé auprès de la CF son intention de mettre un terrain à destination de ce projet pour faire face à l’importante croissance de la démographie scolaire.

Le projet de Nouvelle Maison de Repos du CPAS devrait permettre une extension de capacité à 120 lits et répondre à toutes les nouvelles normes de modernité et de confort pour notre population âgée. La volonté de conserver le caractère public de l’institution devrait permettre d’assurer une accessibilité préférentielle pour l’ensemble des Berchemois, notamment pour les personnes moins favorisées ou isolées au plan familial.

La nouvelle MR/S intégrera enfin un restaurant communautaire, un nouveau lieu de vie et de liens, qui sera à ouvert à toutes les personnes âgées.

Enfin, il est utile de rappeler l’initiative « Carrefour des générations » qui se déroulera le 2 avril prochain et dont le but essentiel est de (re)— tisser du lien entre tous les Berchemois et plus spécifiquement entre les plus jeunes et les moins jeunes.

On peut donc constater combien l’esprit de gestion des mandataires LBR est en concordance avec les besoins que nous impose l’évolution sociale et démographique dans notre commune.

« Gérer c’est prévoir » , dans l’équipe LBR, c’est aussi notre manière de faire de la politique !

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i : Sources : SPF Economie – DGSIE
ii : Observatoire de la Santé et du Social – Fiches Communales d’Analyse des statistiques locales en Région Bruxelloise – Fiche N°3

Public ou privé ?

Épisode 1

J’assistais mercredi 9/02 dernier à une conférence qui avait pour thème « Hôpitaux publics, hôpitaux privés, des distorsions de concurrence ? », une conférence dans le cadre du MMIS de la Solvay Business School, de la faculté de Médecine et de l’école de Santé Publique de l’ULB .

http://www.ulb.ac.be/soco/solvay/mmiss/seminaires.htm

La thématique rassemblait autour de la table des interlocuteurs bien connus appartenant à ce que le secteur de l’hôpital et de la santé compte de plus éminent… dans tous les « camps — d’autres diraient “piliers” — du secteur de la santé en Belgique.

L’affiche ne fut pas décevante : chacun, selon sa sensibilité professionnelle, y est allé de son couplet interprétatif de ce qui caractérise l’hôpital public ou l’hôpital privé, des missions que l’un assurerait et l’autre pas, des anecdotes sur l’autonomie et des différences de management dans l’un ou l’autre modèle.

On est au moins “assuré” : même dans ce débat qui fut politiquement correct, on a senti que tous les vieux clivages propres à notre pays ne sont pas encore tous enterrés.

On ne peut que souligner au passage, l’intervention courageuse de Jean Hermesse, secrétaire général des Mutualités Chrétiennes. Ce dernier osa, lorsque vint son tour, énoncer que “le débat était ailleurs” et qu’au-delà d’une supposée concurrence entre hôpitaux, c’est surtout l’accessibilité et la qualité des soins qui restaient pour l’avenir le plus gros enjeu à défendre dans notre système de soins de santé.

À l’appui de chiffres inquiétants, Jean Hermesse démontre en effet des inégalités de plus en plus flagrantes notamment à l’égard des honoraires et des tarifs appliqués par certains hôpitaux.
Rien qu’à Bruxelles, c’est jusqu’à 300 % de suppléments qui sont facturés aux patients par certaines institutions hospitalières privées.

Est-il en revanche certain que l’inflation des honoraires médicaux garantit la qualité des soins ?
Est-il du reste raisonnable que les assurances “hospitalisation” privées alignent leur tarif en fonction de cette inflation d’honoraires, à moins qu’elles ne renforcent cette inflation ?
Quelle est la garantie pour un patient d’obtenir des soins performants… si son portefeuille ne suffit pas à alimenter les appétits financiers d’institutions hospitalières trop gourmandes?

Rappelons en effet que dans le système de financement des hôpitaux belges, hôpitaux privés et publics sont sur le même pied. Seules quelques missions incombent obligatoirement aux Hôpitaux publics.

S’ il y a concurrence, ce serait davantage dans… la segmentation des patients qu’une partie du secteur privé pratique, semble-t-il sans vergogne, à travers une politique d’honoraires et de suppléments inadmissibles qui génère l’exclusion sociale et l’inégalité d’accès aux soins de santé.

Épisode 2:… dans les maisons de repos aussi !

Orpea, Medibelge, Senior Living Group, Armonea, Waterland Private Equity Management, Aedifica…

Tout cela ne vous dit rien ?

À tort ! Car vous pourriez un jour vous retrouver client d’un de ces groupes commerciaux, immobiliers ou financiers sans trop vous en apercevoir.
Et si ce n’est pas encore vous, c’est peut-être déjà l’un de vos vieux parents ou de vos arrières oncles et tantes.

En effet, derrière ces appellations à consonances marketing “hautement ajoutées” se retrouvent… des Maisons de Repos et, ou Résidences pour Seniors : celles dans lesquelles beaucoup d’entre nous risquent de devoir terminer leurs jours quand le grand âge, la dépendance ou la pression de l’entourage auront irrémédiablement compromis notre capacité à vieillir seul au sein d’une famille éclatée.

Pas gratuitement bien sûr ! Parce que vivre sa vieillesse, absente de tout souci, cela a aussi un coût, qui varie selon le type de soins, de conforts, d’environnement et les soins proposés.

Dans une démographie vieillissante comme celle que vit la Belgique, certains ont forcément vite compris que le marché du “Senior” regorgeait d’avenir !

Les besoins sociaux réels et connus en matière d’hébergement des personnes âgées méritent d’énormes investissements financiers que le secteur public et les pouvoirs locaux n’ont pas vraiment anticipés au cours des dernières années.

C’est sans doute aussi une raison pour laquelle le secteur privé s’empare aujourd’hui de ce qu’il faut bien appeler “un marché”, qu’il est en train d’organiser à travers des fusions de Maisons, des déplacements immobiliers dans des Sicafi et l’allocation de certaines activités d’hébergement dans des holdings à vocation financière en Belgique… et à l’étranger.

Il n’y a en soi rien à reprocher, sinon qu’à prévenir que la logique consistant à organiser l’accueil et les soins pour les personnes âgées à travers de telles structures ne garantit pas une égalité d’accès pour tous et de la même façon.

On sait déjà, à voir les différents niveaux de prix et de conforts offerts par certaines infrastructures privées à Bruxelles, que tout le monde n’aura pas accès à la même auberge, aux mêmes services et au même prix.
L’INAMI se devrait d’y rester attentif puisqu’il assure une partie de la couverture d’hébergement des personnes âgées avec l’argent de la collectivité et des cotisations sociales.

Analogiquement à la politique de grands groupes hôteliers, les Maisons de Repos se verront probablement répertoriées à une ou plusieurs étoiles… Les prix des options seront à l’avenant. Le “All Include” ne comprendra pas la même chose partout !

Ici encore, pas de quoi s’alerter pour ceux que la vie a nantis ou nantira de revenus en suffisance. Les “vieux” adeptes des vacances “Fast Food” et “all Inclusive” devront bien se tenir, et feuilleter les catalogues avant d’entrer en Résidence.

Pour beaucoup d’autres, ce sera probablement plus compliqué ! La fin de vie risque de se dérouler sans autre horizon que celui d’avoir un gîte et un couvert au sein d’infrastructure plus sommaire.

Jusqu’à présent, les maisons de repos du secteur public et des CPAS remplissaient cette fonction alternative, notamment, mais pas exclusivement, d’accueillir les moins nantis en leur garantissant par la solidarité publique les avantages liés au respect de la dignité humaine.

La logique financière qui s’empare aujourd’hui du secteur des maisons de repos semble ne plus l’autoriser à assurer (assumer) cette fonction…Sans doute une nouvelle manifestation de la loi d’airain appliquée au secteur des personnes âgées !

On peut d’ores et déjà s’interroger sur la capacité et la volonté d’actionnaires privés à lisser leurs impératifs de profit ou de “return on investment” pour accorder l’accès de leurs maisons de repos 5 étoiles à des personnes bénéficiant d’une GRAPA (Garantie de revenus aux personnes âgées, équivalent au revenu minimum garanti) ou à ceux dont la pension légale atteint à peine la moyenne des pensions en Belgique (1155 € en 2008 ).

Moi, j’ai furieusement des doutes!

Je plaide en tout cas pour la défense d’un secteur public fort.
Certes, le véritable challenge du secteur public sera de prouver que les moyens dont il dispose seront affectés, au service de la qualité et d’une garantie d’égalité d’accès à tous les publics.

Lui en laissera-t-on le temps ?
Lui en accordera-t-on les moyens ?

Les finances des CPAS sous la loupe de Dexia

Régulièrement, Dexia, la banque des communes réalise une étude sur l’état des finances des CPAS.
La dernière analyse vient d’être publiée.
En voici quelques chiffres clefs, relatifs aux CPAS Bruxellois !
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Des dépenses en hausse, avec des réalités différentes par commune.

Les dépenses des 19 CPAS bruxellois affichent au budget 2010 des dépenses d’exploitation de 866,2 millions. d’EUR.
Cela représente un montant de 794 EUR par habitants.

A noter que la concentration de population influence naturellement le niveau de dépenses par habitants : il varie de 876 EUR pour les communes de la 1ère couronne à 467 EUR pour les communes les plus résidentielles.

Pour les communes du Nord Ouest (dont Berchem Sainte Agathe) ce montant est de 582 EUR.

Le taux de croissance des dépenses est en moyenne de 9% par rapport à l’exercice précédent et pour l’ensemble de la région.

A l’échelle des CPAS du Nord Ouest, de taille et de configuration socio-économique analogue, ce chiffre est cependant limité à 3,7 %

La Solidarité : pas le même tarif dans toutes les communes !

Une partie des dépenses des CPAS est assurée directement par les communes, et donc par chaque citoyen.

Selon l’étude de Dexia, cette contribution « par habitant » s’élève à 225 EUR en moyenne.
( 195 EUR pour Berchem – chiffre 2010 provisoire)

Mais elle est de 317 EUR pour le CPAS de Bruxelles…et de 164 EUR pour les CPAS du Sud de Bruxelles (Uccle, Auderghem et les 2 Woluwe) soit une différence de 150 EUR…

Ce montant contributif est en augmentation croissante depuis plusieurs années : l’étude de Dexia indique d’ailleurs que le nombre de RIS (Revenu d’Intégration) accordé a augmenté de 14,1% de 2007 à 2010.
Ce surcroît de demandes implique forcément des augmentations en termes de charge de travail et de personnel. Il justifie l’augmentation sensible des budgets des CPAS et des contributions communales à ceux-ci.

Des chiffres à réfléchir

Les chiffres n’ont certes jamais résolus grand chose.

Mais ils font ouvrir les yeux…

En cette année Européenne de lutte contre la pauvreté, je ne résiste donc pas à vous livrer ceux-ci.

Selon l’enquête EU-Silc Toute personne vivant avec moins de 60 % du revenu national moyen présente un risque de pauvreté : en Belgique le seuil de risque de pauvreté se situe à

878 € par mois pour une personne seule.

1142 € par mois pour une famille monoparentale avec 2 enfants à charge

1845 € par mois pour un couple avec 2 enfants

Sur cette base, le pourcentage de risque de pauvreté s’établit de la manière suivante en Belgique :

Graphique représentant le pourcentage de la population sous le seuil de pauvreté par région

  • Plus d’un Bruxellois sur quatre vit donc sous le seuil de pauvreté
  • 2,8 % de la population perçoivent un RIS/ERIS(1), soit environ 30.000 personnes
    (1 % ds les autres régions)
  • A Bruxelles, le chômages est 2 x plus élevé que dans le reste du pays
  • 1 enfant sur 3 vit dans une famille sans travail
    (1 sur 6 au niveau national)

…des chiffres qui font réfléchir et que vous retrouverez en détail sur le site http://www.luttepauvrete.be/

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1: Revenu d’intégration ou équivalent – anciennement Minimex – le RIS s’élève au 01/09/2010 à

493,54 € / mois pour un cohabitant

740,32 € / mois pour une personne isolée

987,09 € / mois pour un chef de ménage

Comptes 2009: maîtrise des deniers publics et essor des services

Les comptes 2009 du CPAS de Berchem-Sainte-Agathe ont été présentés et approuvés ce jeudi 24 juin 2010 devant le conseil communal. L’exercice se termine par un boni comptable de 106 803,41 €, permettant de limiter la dotation de la Commune à 4 180 824,67 € .

Cette dotation représente pour chaque citoyen un montant de 183 €, montant qui, même s’il augmente de 5% par rapport à 2008, reste toutefois inférieur à la moyenne régionale (221 € par habitant).

Ce résultat positif de l’année 2009 n’a pas empêché le CPAS de répondre à la croissance des demandes en matière d’aide sociale.

Ainsi, sur le plan de l’insertion socio-professionnelle, la politique menée par le CPAS a été intensifiée et a permis de mettre à l’emploi 35 personnes (contre 30 en 2008), en collaboration notamment avec différents employeurs du secteur social et associatif berchemois.

La Maison de Repos et de Soins « Val des Fleurs », a enregistré un taux d’occupation de 97% qui a permis de stabiliser les recettes. En outre, par la maîtrise des dépenses, le mali de l’institution a pu être éliminé.

Le Centre de Soins de Jour « Le Tournesol », qui accueille en journée des personnes âgées en perte d’autonomie et leur prodigue des soins familiaux et ménagers, a atteint quant à lui un taux d’occupation proche de 100%, permettant d’atteindre l’équilibre financier.

Enfin, une cellule « énergie » a été créée, non seulement pour répondre aux problèmes rencontrés par les demandeurs d’aide en la matière mais aussi pour mettre en place une politique de prévention au bénéfice de toute la population berchemoise.

Le CPAS de Berchem-Sainte-Agathe rencontre les besoins locaux, tout en s’inscrivant dans un cadre financier acceptable et justifié. C’est grâce à une gestion saine des institutions que des moyens financiers ont pu être dégagés pour répondre à l’augmentation de la pauvreté constatée dans notre commune comme dans l’ensemble de la Région de Bruxelles-Capitale.

Contact: Jean-François Culot, Président – 02 482 13 27

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1: Le total des recettes d’exploitation de l’exercice 2009 se chiffre à 12 656 259,94 €. Celles-ci ont été assurées par les différentes dotations (dotation communale, subsides divers et remboursement de l’Etat belge pour les dépenses d’aide sociale) à raison de 83%. Le solde des recettes est constitué de recettes propres. Les dépenses d’exploitation de l’exercice 2009 se chiffrent à 12 405 965 05 €, réparties en charges de personnel pour 57%, en dépenses d’aide sociale pour 32% et en frais de fonctionnement pour 11%.